J’ai l’impression de traverser actuellement une periode de doute, tant professionnel que personnel. Cela fait quelques années que j’ai la tête dans le guidon, à définir tâches et objectifs à atteindre tout les jours, à prioriser les choses à faire et à tenter de faire au mieux pour contenter famille, amis, associés et clients.

Et à force de foncer tête baissée, je ne sais plus où je vais, ni qui je suis.

Généralement je couche ce genre de réflexions dans un carnet qui me sert de brain dump, pour en garder une trace et passer à autre chose. mais là je n’y arrive pas. Cela ne me quitte pas depuis quelques semaines, et ça en devient tellement obsessionnel que je n’arrive pas avancer dans mes projets.

Je suis mauvais à exprimer mes sentiments et humeurs à mes proches. C’est une chose que je n’ai jamais réussi à faire, et je pense que je n’y arriverai jamais. Alors plutôt que de noircir des lignes mon brain dump et d’essayer d’enterrer tout ça dans ma tête, j’ai décidé de le publier sur mon blog. Bizarrement, cela me semble bien plus facile que de prendre mon téléphone et d’en parler avec mon meilleur ami ou avec ma femme.

Un coup d’oeil sur les dernières années

Ces dernières années ont été plutôt remplies de succès personnels :

  • 13 belles années de vie de couple, dont 8 en étant marié, qui se sont concrétisées par les naissances successives de deux adorables enfants qui ont maintenant 5,5 ans et 3 ans,
  • L’achat d’un appartement, puis sa revente pour l’achat d’une maison plus grande et mieux adaptée à la vie à 4,
  • une situation financière confortable qui permet de payer nourriture, loisirs et petits plaisirs à toute la famille sans trop se poser de questions.

et professionnels :

  • Sur mes 10 années dans la vie active, j’ai trouvé assez rapidement ma voie, et suis passé de salarié à freelance, puis de freelance à co-gérant d’un agence il y a deux ans. L’agence tourne plutôt bien, et notre activité est croissante,
  • J’ai co-fonder le premier espace de coworking de Nancy il y a 4 ans. Notre communauté de coworkers est active et grandissante. Et, bien que j’ai acté ma sortie de la SAS qui gère l’espace, je sais que je le laisse entre de bonnes mains et que cette espace va continuer à prosperer,
  • Je suis reconnu par mes pairs : je donne des conférences dans des événements professionnels et j’enseigne à l’université.

Il y a bien sur eu des événements négatifs : J’ai perdu mon père il y a 7 ans, un ami s’est suicidé en 2015, j’ai perdu mon grand-père. J’ai échoué dans des projets pros et dans des sides projets, et j’ai même failli foutre en l’air mon couple à cause d’un manque d’estime/confiance de moi et d’un besoin de me rassurer à la naissance de numéro 2.

Globalement ces dernières années sont positives, et je devrais m’en réjouir et être heureux.

Et pourtant lorsque j’écris ces lignes, je n’y arrive pas.

Je me sens “perdu”

Je fais parti d’une génération à laquelle on a inculqué une représentation simple de la réussite sociale : un couple, des enfants, un bon boulot, la reconnaissance, une maison, une voiture et un labrador (bon j’ai des chats, et c’est bien mieux).

J’ai 34 ans et je colle parfaitement à cette image. Et pourtant, je ne me sens pas si accompli que ça. Cela m’angoisse énormement.

j’ai beau retourner le problème dans tout les sens, je n’y trouve pas de solution, ni de sens. un comble pour quelqu’un dont le métier est de trouver des solutions aux problématiques de ses clients.

Bien qu’en applicant mes process de design à ma propre vie j’ai réussi à la simplifier, principalement en me séparant de projets ou d’activités qui m’usaient plus qu’autre chose, je n’y ai toujours pas trouver de sens, et cela n’a rien changé à mon état d’esprit ni à mon ressenti actuel.

Et d’avoir sorti la tête du guidon est encore pire, car la prise de conscience est brutale : je me rend compte que l’envie n’est plus là. Que la moindre contrariété ou problème m’aggace au plus haut point. Je suis léthargique et épidermique. Je ne me reconnais plus et cela m’angoisse encore plus.

A la croisée des chemins

Je m’interroge de plus en plus sur ce qui me rend heureux, et sur la façon de me redéfinir ou plutôt de réaligner ma vie et mon être.

J’ai toujours pensé que je trouverais le bonheur en étant utile à des tiers, que je tirerais ma satisfaction de leur satisfaction. Rendre l’autre heureux pour être moi-même heureux. Mais je ne suis plus sur à l’heure actuelle que ce soit ça.

En fait, je me rends compte que je ne me connais pas moi-même et que j’ai une serieuse remise en question ou introspection à effectuer. Il faut juste que je trouve comment.

Et ensuite que je suive le bon chemin.